Rencontre avec notre nouveau pêcheur

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Depuis le naufrage de Michel (dernier pêcheur côtier d’Arcachon), nous attendions de connaître les intentions du jeune pêcheur qui pouvait prendre la suite.
Beaucoup de questions sur ses méthodes de pêche, son éthique professionnelle et sur son engagement envers les amaps.
Raisons pour lesquelles nous avons organisé une  :

Rencontre avec Aurélien GAZEAU, patron-pêcheur au port d’Arcachon
le lundi 2 juin 2020 à 16h30
avec l’ AMAP de Paillet, l’ AMAP de St Loubès et celle du créonnais.

Aurélien (ci-dessous devant son bateau) nous a reçu au retour de sa pêche de la semaine (6 jours consécutifs en mer)
pendant laquelle son équipe a pêché 6 tonnes de poisson (bonne semaine de travail).

Il a 32 ans, il est professionnel de la pêche depuis 15 ans. Il a acheté son propre bateau L’ATALANTE il y a un an et demi. Il part en mer avec une équipe de 4 pêcheurs.
il dit lui-même que c’est un « petit bateau » pour le « petit métier » en rapport avec les « gros bateaux ». Il possède 30 kms de filets qu’il dépose en laissant le poisson venir.
Lorsque les filets sont suffisamment remplis, ils les relèvent et retirent le poisson à la main.
Peu de mécanisation donc et pas de dragage des sols marins. Il part plus au large que Michel FAUGEROLLES : 40kms de la côte en été et 160-200kms en hiver,
son périmètre se situe entre Les Sables d’Olonne et Arcachon.
Il ne pêche pas près des rivages pour laisser la place aux « plus petits bateaux » (les « petits, petits métiers »).
Nous avons visité son bateau et navigué entre la criée et sa place d’attache (environ 500 mètres!).

Les poissons pêchés sont les suivants :
– janvier/mars : sole, merlu, bar
– printemps : turbot, crabe
– mai/juin : limande, sole, merluchon, lotte
– sept/déc : seiche, maigre, sole, bar, merlu
Les prises peuvent être très belles (voir photo).

 

Aurélien fonctionne jusque là avec la criée et les AMAPs ne représenteront pas une grosse partie de son activité.
Mais c’est très important pour lui de faire découvrir et valoriser le poisson en le vendant aux  » gens des terres » à un prix
raisonnable. et de ne surtout pas le détruire. Ce qui arrive encore dans certains cas où la criée ne rachète pas toute la pêche.
10 amaps de 40 paniers représenteraient 6% de sa pêche (c’est moi qui ai fait  le calcul).
En outre, cela va permettre de créer un poste pour sa compagne Marine qui sera chargée de la coordination et de la distribution aux amaps.

Il aime son métier qu’il a voulu apprendre dès son adolescence (Lyçée de la mer à Ciboure), il aime être sur l’océan, traquer les poissons et faire de
belles prises. Il aime aussi se confronter aux éléments. C’est un homme passionné et passionnant que nous avons rencontré.
Il souhaite à terme devenir armateur de son bateau et employer un patron (qu’il est en train de former) à sa place afin de profiter de sa petite famille.
Il a une petite fille de 2 ans et 1/2.
Il faut savoir que lui et son équipe travaillent dans des conditions difficiles avec des journées parfois sans dormir ni manger.
Par exemple il est arrivé lundi après 6 jours et mer et comptait repartir le lendemain.
Ses 4 employés gagnent environ entre 3000-4000 € par mois.

Sa compagne, Marine, est prête à se charger des livraisons pour les AMAPs. Il y aurait 1 livraison par mois sur 10 mois (caissettes de 3 kgs – 35€- et de 6 kgs – 65€),
Nous  nous organisons pour démarrer un contrat dès septembre.
Merci à Lucien et Annie (avec le relais d’Amandine)  qui seront les nouveaux coordinateurs de ce contrat.